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Chapitre I  (Galères & Médiators (en cours)) posté le mercredi 22 octobre 2008 15:35

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JEALLY

 

 

            Le vent faisait voler mes cheveux dans tous les sens, les ramenant sans cesse dans mes yeux. Devant moi, la mer s’étendait à perte de vue. Les grains de sable s’insinuaient entre mes orteils, me chatouillant les pieds, glissant délicatement sur ma peau. Le soleil descendait lentement, de plus en plus bas, effleurant timidement la surface miroitante de l’eau. L’océan semblait scintiller.

En penchant la tête en arrière, j’aperçus d’énormes nuages noirs commencer à couvrir cette atmosphère, qui s’assombrissait à vue d’œil. Je me levai, époussetai sommairement mes vêtements avant de quitter la plage, lentement, pour retarder le plus possible le moment où mes pieds rencontreraient l’asphalte, instant qui arriva d’ailleurs beaucoup trop vite à mon goût. Une fois sur le trottoir, j’entrepris de remettre mes chaussures.

Du coin de l’œil, je vis une ombre avancer rapidement vers moi. Trop rapidement. Je n’eus pas le temps de relever la tête pour voir de quoi il s’agissait, qu’un choc violent me projeta au sol. Je me retrouvai couchée sur le bitume, le souffle coupé et la poitrine opprimée. Une douleur me transperça les côtes. J’ouvris les paupières, que j’avais fermés par reflexe, et découvris une masse de cheveux blonds. Le choc passé, je pus de nouveau respirer, mais difficilement. La chevelure remua, son propriétaire se releva et l’oppression sur ma poitrine se relâcha. J’entrepris de me relever tant bien que mal, une main se tendit au-dessus de ma tête, mais je l’ignorai volontairement. Il espérait quoi ? Se faire pardonner de m’avoir violement plaquée au sol ? Manquait plus que ça ! Je me remis debout, bien énervée.

            ― Vous ne pouvez pas regarder où vous allez ?

Mon regard croisa deux yeux d’un bleu incroyable. Mon cœur manqua un battement et je sentis, malgré moi, ma colère diminuer d’intensité. J’eus l’impression de me noyer dans ces yeux couleur nuit qui semblaient me transpercer de part en part.

            ― Je suis désolé, je ne t’avais pas vu. S’excusa-t-il.

            ― Je suis petite mais quand même !

Je vis un sourire amusé naître sur ses lèvres. Je détournai les yeux et commençai à m’éloigner quand je me rendis compte que je ne tenais plus sur mes jambes. Je m’écroulai lourdement sur le banc face à moi.

            ― Hé ? Ça va ?

Il s’était rapproché de moi. Je ne l’avais même pas vu.

            ― Ouais.

            ― T’es sûre ?

            ― Ouais ! Fis-je exaspérée.

Mes jambes semblaient avoir reprit un peu de leur solidité, je me relevai et le plantant là, je partis en direction de chez moi.

            ― Je peux t’offrir quelque chose à boire ?

            ― Non merci.

            ― Viens boire un verre avec moi. Insista-t-il.

            ― Ecoute, lâche-moi ok ? Dis-je en me retournant.

            ― Pour me faire pardonner. Répondit-il en penchant la tête, une moue craquante s’affichant sur ses traits.

            ― Tu veux pas me lâcher ?

            ― Pas tant que tu n’auras pas accepté mon invitation. Dit-il avec un sourire espiègle.

Mais quel pot de colle ! J’allais être obligée d’accepter. Me faire harceler n’était pas dans mes projets !

Je regardai ma montre : il me restait encore au moins une heure avant qu’Illian ne s’inquiète et appelle la police pour signaler ma disparition.

            ― Ok. Soupirais-je, vaincue.

            ― C’est vrai ?

Je le regardai, incrédule. Ce mec était si peu sûr de lui pour me demander de répéter ?

            ― Je peux te sacrifier une demi-heure de mon temps, si tu me promets qu’ensuite, je serais débarrassée de toi.

― Aucun problème !

Un sourire vînt creuser une légère fossette dans son menton. Il fallait avouer qu’il était adorable avec son air de gamin perdu.

Il m’entraîna dans un bar où se produisait un groupe encore inconnu mais plutôt bon.

            ― Au fait, moi c’est Keenan.

J’observai vaguement le décor. Pourquoi ne pas tester sa patience ?

Un long silence s’établit entre nous, couvert par la musique du groupe, avant qu’il ne se décide à reprendre la parole. Il était plus patient qu’il n’en avait l’air.

            ― Et, je ne connais même pas ton nom…

            ― Jeally.

Il me regarda un instant en silence. Comme s’il bloquait sur mon nom…

            ― Cherche pas, moi non plus je ne sais pas où mes parents ont été le chercher. Remarque, y en avait un qui vivait dans ses bouquins et l’autre dans les étoiles, alors ils devaient avoir de l’imagination à revendre. Lançais-je. Et puis, le tien n’est pas courant non plus. Ajoutais-je.

            ― C’est sûr, mais, je préfère ça à un prénom que tu entends quinze fois par jour.

            ― Idem.

Il observa le groupe un moment en souriant avant de se tourner de nouveau vers moi.

            Alors Jeally, qu’est-ce que tu faisais sur la plage si tard ?

La question qu’il aurait mieux valu éviter…

            ― J’aime bien observer le coucher de soleil sur la plage c’est tout. Répondis-je froidement.

            ― T’y va tous les soirs ?

            ― Presque.

            ― Je saurais où te trouver la prochaine fois.

            ― Je crois que je vais changer de coin. Marmonnais-je.

Il baissa légèrement la tête et observa attentivement la table.

            ― C’est pas pour te vexer mais, on vient à peine de se rencontrer, tu m’as forcé la main pour venir boire un verre avec toi et tu parles déjà de vouloir me revoir…

Il sourit timidement.

            ― C’est sûr que tu dois me prendre pour un psychopathe. Je voulais pas te donner l’impression de te harceler, désolé.

            ― C’est pas grave. Soupirais-je. Sinon, tu fais quoi dans la vie ?

            ― Je suis batteur dans un groupe de rock.

J’attendis patiemment qu’il finisse mais le silence s’accrut sans qu’il ne prononce le moindre mot.

            ― C’est tout ? Demandais-je en haussant un sourcil.

            ― Euh…non. Bafouilla-t-il. Je prends aussi des cours.

― Dit comme ça on dirait que les cours sont seulement un passe temps ! M’exclamais-je en riant.

Ses joues se colorèrent d’une teinte rosée et il se mit à rire aussi mais c’était d’un rire plutôt forcé.

La serveuse vînt nous demander ce que nous désirions.

            ― Un Coca. Répondis-je.

            ― Idem.

            ― Très bien, je vous apporte ça tout de suite.

            ― Merci. Lui dis-je poliment.

J’attendis que la serveuse s’éloigne et passe derrière le comptoir avant de reporter mon attention sur Keenan.

            ― Alors ? Etudes de quoi ?

            ― De langues. Communication, ce genre de choses.

            ― C’est ce que je veux faire aussi. T’es dans une Université ?

            ― Pas vraiment. Enfin, j’y étais, mais, maintenant, je prends des sortes de cours particuliers…

            ― Ah bon ? Pourquoi ?

            ― Soucis… personnels.

            Un silence s’installa entre nous. Je me demandais pourquoi est-ce qu’il avait hésité si longtemps avant de finir sa phrase mais, ça ne me regardait absolument pas. Et puis, peut-être qu’il avait eu de gros problème et qu’il ne souhaitait juste pas en parler.

            ― C’est à la Sorbonne que j’ai décidé de m’inscrire.

            ― Tu vas aller aussi loin pour tes études ? Demanda-t-il en se mordillant la lèvre inférieure.  

            ― Je me trouverais bien un petit logement. Et puis j’ai encore quelques mois pour y penser.

            ― Ouais c’est sûr.

Je regardai ma montre par réflexe et me figeai. Ça faisait vraiment plus d’une heure que j’étais là ? Je me levai de ma chaise rapidement.

            ― Désolée, il faut que j’y aille avant que mon frère n’alerte l’armée pour me retrouver.

            ― Je peux te raccompagner ?

            ― Merci, mais ça va aller.

            ― T’es sûre ? Il fait nuit et il y a toujours des gars louches qui traînent dans le coin.

            ― Bon ok. Soupirais-je.

J’avais comme l’impression de m’être fait avoir mais je ne tenais pas à me faire agresser. Nous sortîmes donc du bar tout en discutant.

            ― Sinon tu viens d’où ? Demandais-je.

            ― New York.

            ― Je me disais bien aussi. T’as un accent, c’est très léger mais ça s’entend.

            ― T’es la première à me dire ça. D’habitude les gens ne s’en rendent pas compte.

            ― J’ai une bonne oreille.

            ― J’ai remarqué. Me dit-il en souriant.

            ― T’habites en France depuis combien de temps ?

            ― Depuis seulement six mois, mais, je viens ici depuis que je suis tout petit. Ma mère y habitait. Et  toi ? Tu viens d’où ?

            ― Je suis née ici.

            ― Je m’en doutais un peu. Répondit-il en souriant.

            ― Je ne crois pas t’avoir déjà rencontré. Tu venais souvent ?

            ― A toutes les vacances. Ou presque mais, ça fait un moment que je n’ai pas pu revenir.

Un léger silence s’abattit sur nous, mais, ce n’était pas un silence pesant ni même gênant, juste apaisant.

            ― T’es batteur dans un groupe c’est ça ?

            ― Ouais. Fit-il en se raidissant.

            ― Et vous jouez quel genre de musique ?

            ― Rock.

Je me stoppai. J’étais arrivée.

            ― Bon ben, je suis arrivée. Merci de m’avoir raccompagnée et pour le verre aussi.

            ― De rien.

            ― A un de ces quatre.

            ― Ouais, salut. Dit-il en me souriant.

J’ouvris la porte et il s’éloigna les mains dans les poches. J’entrai dans la maison et ôtai ma veste.

            ― Une minute de plus et je posais des avis de recherche ! S’exclama Illian avec son air espiègle.

            ― Je ne suis pas encore morte, tout va bien ! Lui répondis-je en souriant.

Je passai devant la cuisine pour rejoindre ma chambre quand ma mère m’interpella.

            ― Qui était le beau blond avec qui tu discutais ? Demanda-t-elle avec un sourire malicieux.

Qu’est-ce qu’elle pouvait m’énerver quand elle faisait ça ! On n’avait jamais été proches toutes les deux et qu’elle se mêle de ma vie privée, je ne le supportai pas !

            ― Un musicien. Répondis-je froidement avant de claquer la porte de ma chambre.

Je savais que ça l’énerverait de savoir que je traînais avec des musiciens, car elle détestait mon rêve. Je l’entendais encore me dire « La musique n’est pas un métier, c’est juste un passe temps soit un peu sérieuse ! ».

 

 

 

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre I

  • Marielle

    mar 04 nov 2008 17:01

    J'aimerais bien qu'un beau jeune homme me rentre dedans, me paie un coup à boire et me ramène chez moi. *Rêve*

  • Neemys

    ven 31 oct 2008 19:46

    Ouiin ! Moi aussi je veux qu'un beau blond aux yeux bleus me rentre dedans !! xD
    Tu écris vraiment bien dit donc c'est très agréble de lire ce chapitre, je parie qu c'est pareil pour toute l'histoire x]).


 

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